Endettés, vous l'êtes, vous, moi, les entreprises, les États.
La zone euro a du mal à sortir de cette dette. Pourquoi ?
Le problème, c'est la dette qui s'emballe tout seule !

Le Club de La Corbeille

L'État, pour rembourser, emprunte toujours plus.
Les banques adorent prêter aux États, car derrière il y a les contribuables. Les entreprises c'est bien plus risqué.
500, 1000, 2000 milliards d'euros à comparer au PIB (Produit intérieur brut) du pays en pourcentage.
Lors du traité de Maastricht, on a admis de ne pas franchir une limite de 60 % du PIB, mais ce plafond a été largement dépassé. Les impôts servent à payer les intérêts de la dette à partir d'un certain niveau.

Avant la Révolution française, les rois ne remboursaient pas leurs dettes. Et on allait en prison si on ne voulait pas leur prêter. Florence, Gênes, Venise, au Moyen-Âge, pensent tout le temps à faire des guerres qui leur coûtent de l'argent. Les premières banques naissent ainsi en Italie et financent ces guerres. En Mésopotamie, on connaît l'existence de la mesure de la dette par la reconnaissance en écriture cunéiforme.

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Après la seconde Guerre, les Trente Glorieuses reconstruisaient et rattrapaient le niveau de vie. Le cours de la dette est au plus bas dans les années 60/ 70. Le 15 août 1971 Nixon, la guerre du Vietnam ayant vidé les coffres d’or, annonce la fin de la convertibilité du dollar en or. La valeur du dollar devient flottante, ainsi que celle de toutes les autres devises. La libre circulation des fonds sur les marchés mondiaux s'intensifie. Puis en 1973, le premier choc pétrolier fait passer le baril de 2 à 6 dollars. Cela devient un poids sur l'économie mondiale et se transforme en véritable coup de frein à la croissance.

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On passe d'un monde de certitude à une grande incertitude.
Les prix de production augmentent, l'inflation ruine l'épargnant. Raymond Barre, en France, en 1976/1978 subit une inflation de 9,5% par an, elle est de 6,2% aux États-Unis.

Alors commence une bagarre entre créditeurs et débiteurs, entre producteurs et financiers. Ce sont les créanciers qui font la loi, donc ils ne veulent pas d'inflation et préfèrent une monnaie forte.
On passe d'un monde industriel à un monde financier. Les banques centrales deviennent les stabilisateurs de la monnaie et l'endettement passe sous le contrôle des financiers. Dans les années 80, ce sont les années « fric ». On privatise, on baisse les impôts, la Bourse repart, on déréglemente les marchés de capitaux, la machine DETTES se met en place. Le crédit est devenu le carburant de la croissance. Les banques ne possèdent pas cet argent, elles le créent à partir de rien et l'effacent quand il est remboursé. L'argent est devenu un bien privé. C'est catastrophique car soumis à des intérêts privés. Les banques mettent l'économie sous tutelle. 95 % du crédit dans le monde devient sans régulation en 1999/2000. La croissance était forte ; la courbe de la dette publique était en train de s'inverser. Les plus faibles États avaient accès à l'endettement. Cela boostait l'économie et tout allait bien.

En 2007 survient la crise des subprimes aux États-Unis (les ménages trop endettés dans l'immobilier). Le 15 septembre 2008, Lehman Brothers s'effondre … Il fallait de plus en plus de pigeons créanciers dans la fameuse chaîne de Ponzi.
Les banques européennes très liées aux banques américaines ont failli s'effondrer. En Espagne, en Irlande, les promoteurs avaient investi massivement dans l'immobilier. Cette bulle a éclaté. C'est une perte colossale pour les banques. Les États n'ont pas d'autre solution que de leur porter secours. On transfère les dettes privées irrécupérables en dette publique… Croissance extraordinaire pour les banques : elles sont couvertes par les contribuables. Car les mettre en péril ce serait mettre en péril les épargnants. La dette publique continue à augmenter de façon spectaculaire.

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En Grèce en novembre 2009 la dette atteint 129 % du PIB. Papandréou, premier ministre de l'époque, demande de l'aide à l'Europe ou demande de l'aide la Banque centrale européenne qui ne peut théoriquement pas soutenir un pays d'après les critères de Maastricht. L'Europe vacille, hésite. Six mois après, on lui prête : des États européens se substituent à des établissements financiers.
La Grèce doit maintenant ses avances financières au FMI et à l'Europe. Puis une partie de la dette est effacée et on lui reprête. Les mesures d'austérité imposées ne résolvent pas le problème de la Grèce. Cette dette mutuelle et perpétuelle maintient le peuple dans le devoir de rembourser et en quelque sorte dans la culpabilité. Et pourtant elle n'est qu'un contrat économique. La troïka contrôle les pays trop embêtés par l’austérité ; les partis nationalistes montent en puissance…

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10 ans plus tard, Mario Draghi, en février, se complaît à annoncer un xième LTRO (littéralement : Long Term Refinancing Operations). La banque centrale prête aux banques…

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La dette, spirale infernale, jusqu’à quand ?

Quelles sont les solutions, le peu qu’il y en ait :

✔ La remontée de l'inflation, qui abaisse mécaniquement le poids de la dette sinon la baisse de la monnaie locale, l'euro en l'occurrence. De ce point de vue les Allemands sont habitués à exporter avec une monnaie forte.

✔ Les autres solutions sont orientées du côté d'un retour à la croissance économique, qui est clairement la meilleure piste. De cette façon on peut revenir au Traité de Maastricht : 60 % de la dette, mais en particulier les trois pour cent de croissance.

✔ Si ces éléments ne sont pas réunis on peut envisager de restructurer la dette. Fédération des excès de dettes globalement au niveau européen : le surplus de cette dette au-delà de 60 pour cent du critère de Maastricht avec une seule monnaie, un seul taux d'intérêt européen ; cela est-il possible ?

✔ Une union fiscale ou politique commune de la dette. L'Allemagne qui représente 1/3 de la contribution Europe ne devrait-elle pas plus aider ? N’a-t-elle pas elle-même été aidée dans le passé ?

✔ Et un impôt de type ISF européen : 60.000 milliards de patrimoine européen taxés à 1% ; une sorte de prélèvement exceptionnel de la crise, avec en alinéa un contrôle de l’évasion fiscale, certes en retard, mais en cours de contrôle.


La dette : spirale infernale…